« Le principal espoir d’une nation repose sur l’éducation appropriée de sa jeunesse. » Erasme.
LA RÉINSERTION SOCIALE.
LE CHEVAL MIROIR-REVÉLATEUR.
« Il faut beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse. » Nietzsche
HISTORIQUE.
Saumur 1993. Premiers éclairages des sciences éthologiques à partir de l’observation du cheval en semi
liberté en collaboration avec Danièle Gossin.
Mise en place d’une grille de lecture du concept « miroir révélateur » associant l’expérience équine (éthologie comparée) et le principe de l’incertitude avec le concours de Jacques
Defrenne et Chantal Delvaux, professeurs de psychologie clinique de l’Université Libre de Bruxelles.
Participation de l’Université Catholique d’Angers à l’élaboration du concept.
Saumur 1994. Premières observations cliniques humaines sur des personnes volontaires. Les hypothèses de départ se
révèlent valides et permettent de cerner au mieux les indications dans le cadre de l’adaptabilité sociale.
Paris 1995. Sortie du livre « Faut-il tuer le stress ? » de Jean Claude Ringler aux éditions
Grancher, où il est fait mention du projet le cheval miroir des émotions.
CONCEPT et MÉTHODE.
Le concept repose sur la mise en valeur de l’empathie, de la communication, de la coopération, du développement social, des compétences sociales,
…
Cette approche globale et récursive a pour vocation d’harmoniser raisonnements et émotions, d’anticiper les répétitions des scénarios de la vie, de faire
l’expérience de la conscience de soi , de comprendre les bénéfices de la socialisation, de la maîtrise des relations interpersonnelles et de « faire face » (coping) aux
différentes sources de stress.
Dès lors il s’agira de développer et d’enseigner l’intelligence émotionnelle chez tout être en situation de fracture sociale.
Le cheval est introduit comme catalyseur et révélateur des émotions.
En effet, le cheval, animal sensitif, est capable de ressentir et de réagir spontanément aux états intérieurs de tout être environnant. Il doit d’ailleurs sa survie
à cette capacité de vigilance et de ressenti qui lui permettent de fuir ou combattre, sachant qu’il n’est pas armé, à l’instar d’autres proies, équipées, elles, de cornes ou de défenses.
La réponse comportementale de l’animal « réfléchit » la condition consciente et inconsciente de son interlocuteur. Une lecture fine de la grille
éthologique et comportementale permet l’interprétation du vécu ici et maintenant et l’analyse des problèmes évoqués .
Dans cet espace, pas de faux fuyants mais une transparence des états exprimés, le cheval ne jugeant pas, ne mentant pas.
Selon Boris Cyrulnik, le cheval est « un tuteur de résilience et peut redonner un sens à la vie après tout traumatisme. »
Le cheval offre un paradoxe par sa puissance physique et tout en même temps par sa peur.
Si l’on n’est pas averti de la manière dont il communique on peut-être amené à des confrontations imprévisibles voire redoutables. Ceci impose donc un apprentissage du
respect mutuel et va conditionner une fonction cadrante. Seule l’acceptation des règles de sécurité mettent le sujet dans une situation protectrice.
Devenir un être social repose sur l’acceptation de règles et de lois, fait émerger la notion de respect et nécessite un suivi sur du moyen terme afin
d’ « engrammer » toutes ces notions apprises.
LES CIBLES.
Qui peut bénéficier de ces programmes ?
Tous les « HANDICAPÉS SOCIAUX ».
Ceux qui ne peuvent s’inclure dans les structures sociales quelle que soit l’origine de leurs « handicaps »
Depuis les années 80 on assiste à une recrudescence des comportements asociaux liés aux addictions de tout genre et à des violences menées en bandes structurées, générant
des désordres publics et une insécurité palpable.
Ce programme de réinsertion s’inscrit dans toute démarche proposée à des sujets chez qui les sentiments d’exclusion, de discrimination, de honte, de frustration, de
non reconnaissance, de perte de contrôle induisent très souvent des comportements déraisonnés ( agressions, vols, drogues, alccol, délinquance, viols, ….)
En outre, ce projet améliore, de manière stupéfiante, les difficultés de socialisation qui touchent plus de 80% des enfants dont les retards d’apprentissage, toutes causes
confondues, favorisent en retour la discrimination et l’exclusion.
Enfin, les structures complexes évoluant vers des formes à mi chemin entre service public et privé (sociétés privées de service public) créent un tissu de souffrance dont
les conséquences pour les salariés touchent à leur intégrité physique. Les facteurs psycho-sociaux au travail relèvent de cette procédure surtout dans le cadre d’une perception d’exclusion
pouvant être ressentie chez l’ensemble des salariés.
Enfants , Adolescents et Adultes en difficultés :
univers carcéral
centres d’apprentissages medico-éducatifs
centres de lutte anti-drogue, alcoolisme
personnes touchées par des troubles bipolaires, dépressions
personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimies….)
personnalités violentes( compagnons de femmes battues…)
CONDITIONS.
groupes relativement homogènes
unité de lieu
EN CONCLUSION.
La recrudescence de comportements asociaux violents sur soi même ou sur les autres, touche les populations de plus en plus jeunes et des deux sexes.
Le climat d’insécurité généré, se traduit de plus en plus par la peur de l’autre avec ses corollaires d’intolérance , d’incompréhension, de xénophobie, de racisme. Il
s’ensuit une forme de phénomène récursif et réflexif, qui entretient cette insécurité et cette violence devenant le mode d’expression et de communication d’une population dont la survie se fait
au travers de formes de protection (bandes organisées, groupes d’auto défense, ….)
Ce climat délétère engendre une spirale d’agressivité incivile où chacun exprime sa peur archaïque par le principe de « fuir ou combattre ». Toute connexion avec
le réel et les possibilités de raisonnement s’évanouissent au profit d’une réaction émotionnelle incontrôlée dictée par le groupe, devenant la valeur structurée et structurante.
Devant l’ampleur que prend ce phénomène il convient de devenir source de propositions et de « reconnecter» nos cerveaux afin que tout un chacun saisisse l’opportunité
de bien vivre avec les autres.
Pour autant, il serait impardonnable de ne pas inclure dans cette approche les déficiences physico-mentales( centres médico-éducatifs) et les facteurs psycho-sociaux au
travail (entreprises et salariés) qui s’accompagnent de l’exclusion de l’autre et conduisent à son isolement et à sa difficulté d’insertion.
Pour ce faire il s’agit de transformer les émotions en intelligence sociale.
Les différentes expériences et études sur le terrain ont validé le bien fondé du concept en matière de développement humain et d’organisation sociale .
Ainsi, la mise en place de l’éducation émotionnelle constitue une réponse au constat social et éducatif actuel et s’inscrit dans une politique humaniste . Elle
porte des valeurs de solidarité, d’ouverture et de tolérance. Outre les effets immédiats qu’elle induit, elle encourage les comportements citoyens et constitue une forme fondamentale de
lien et de cohésion sociale propices à un véritable développement d’écologie humaine durable.